Des billets de banque distribués de main à la main dans la rue. Un site Internet s'apprête à le faire samedi malgré les mises en garde de la Préfecture de Paris qui juge l'opération illégale. Par Thibaud Vadjoux.

Stéphane Boukris, commercial et organisateur de l'évènement pour promouvoir le site « Mailorama », Clichy, le 6 novembre 2009.
Comme annoncée, l'opération de distribution gratuite de billets de banques sur la voie publique par le site internet « Mailorama » (société du groupe belge « Rentabiliweb ») aura bien lieu samedi 14 novembre. L’évènement se déroulera Place Joffre, à l'école Militaire de 11h00 à 14h00.
5000 enveloppes contenant des billets de 5 à 500 euros seront distribuées sans aucune contrepartie par des hôtesses à partir d'un bus stationné.
Ce formidable coup de pub est aussi sous le coup de la loi. Michel Gaudin, le préfet de police de Paris, a rappelé aujourd'hui que selon le code pénal (art. R. 642-4) la distribution d'argent est illégale et passible d'une amende de catégorie 2 allant de 20 à 150 euros pour les organisateurs. « La préfecture de police appliquera le droit », a déclaré Michel Gaudin ajoutant que « des contraventions seront dressées en cas de besoin ».
Le code pénal précise: « le fait d'utiliser comme support d'une publicité quelconque des pièces de monnaie ou des billets de banque ayant cours légal en France ou émis par les institutions étrangères ou internationales habilitées à cette fin est puni de l'amende prévue pour les contraventions de 2e classe ».
Mais cette perspective n'inquiète guère les organisateurs de la manifestation. « Nous règlerons immédiatement les contraventions s'il le faut. Nous sommes prêts à payer, cela n'est pas très gênant par rapport aux sommes que nous allons distribuer », explique Stéphane Boukris, en charge de la logistique de l'événement.
DÉBORDEMENTS
« C'est avant tout la sécurité qui nous préoccupe le plus et nous travaillons main dans la main avec la Préfecture de Police depuis 6 mois pour cela », assure t-il. Pour la Préfecture, qui reconnaît faire face à une situation inédite, c'est aussi le point le plus délicat. Elle déploiera des forces de police en plus des agents de sécurité prévus par les organisateurs.
« S'il y a des troubles à l'ordre public, nous les prendrons en compte », a précisé Michel Gaudin. Un débordement entraînerait l'arrêt de la manifestation que la Préfecture de Police n'a pas pu empêcher. La société organisatrice en question a fait une déclaration de manifestation samedi auprès de la Préfecture de Police pour une manifestation « statique » que « je ne peux pas interdire », a fait valoir le préfet.
SUR FOND DE CRISE
La Fédération de Paris du Parti Radical de Gauche « PRG » a demandé au préfet de police d'interdire la manifestation à visée publicitaire.
Selon un communiqué du « PRG », « ces distributions d'argent liquide surfent sur la souffrance des Français en temps de crise et les mouvements de foule qui vont inévitablement les accompagner risquent de provoquer des heurts, des bagarres voire des blessés ». « Nous refusons que les Parisiens soient transformés malgré eux en argument publicitaire sur fond de baisse du pouvoir d'achat », ajoute t-il.
Pour Stéphane Boukris de Mailorama, l'événement se veut « festif et bon enfant » et l'organisateur promet « un dispositif de sécurité bluffant ».
« Mailorama » se définit comme un site qui « rétribue les internautes qui achètent chez ses partenaires commerçants (« 3Suisses.fr », « Fnac.com », « Yves Rocher », …) en leur reversant du cash à la manière des cartes de fidélité des enseignes de la grandes distribution ».
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Mis à jour (Lundi, 16 Novembre 2009 11:30)





















