Les filiales ivoiriennes de la banque française « BNP Paribas » et de l`Américaine « Citibank » ont fermé lundi, une décision jugée « illégale » par le gouvernement du président sortant Laurent Gbagbo, en bataille financière avec son rival Alassane Ouattara.

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Les sièges de la la « Banque internationale pour le commerce et l`industrie en Côte d`Ivoire (Bicici, groupe BNP Paribas) » et de la banque américaine « Citibank » étaient fermés lundi 04 février 2011 à Abidjan. Sur son site internet, la « Bicici » a indiqué qu`elle suspendait « provisoirement » ses activités à partir de lundi. « Ces derniers jours ont (...) vu s`accroître la confusion juridique et réglementaire liée à la situation particulière du pays », a-t-elle expliqué.
« Nous ne sommes plus aujourd`hui en mesure d`assurer nos activités dans des conditions satisfaisantes de sécurité juridique et comptable pour nos clients, ni de sécurité physique pour nos employés », a-t-elle souligné. La « Bicici », présentée comme la deuxième banque en Afrique francophone, espère « un retour à la normale dans les meilleurs délais ».
Une source au sein de l'« Association professionnelle des banques et établissements financiers de Côte d`Ivoire (APBEFCI) » a confirmé que « Citibank » avait également décidé de fermer pour le moment dans le pays. Dans un communiqué lu sur la « télévision publique ivoirienne (RTI) », le ministre du Budget du gouvernement Gbagbo, Koné Katinan, a condamné « le caractère illégal » de la décision de fermeture des agences de la « Bicici » et de « Citibank ». « Cette décision se situe dans le prolongement des manoeuvres initiées pour punir le peuple ivoirien pour son soutien à la légalité constitutionnelle », a-t-il affirmé en référence à la réélection de M. Gbagbo le 28 novembre 2010, contestée par M. Ouattara et une grande partie de la « communauté internationale », dont l`ex-puissance coloniale française et les Etats-Unis.
« La + Bicici + et la + Citibank + violent les droits des épargnants ivoriens en confisquant les dépôts de la clientèle », a-t-il accusé, avertissant que le gouvernement Gbagbo « ne saurait tolérer ces actes de défiance ». Devant le siège de la « Bicici » à Abidjan, les nombreux clients qui trouvaient porte close lundi 04 février 2011 hésitaient entre dépit et colère. « C'est criminel », s`est écriée une cliente, tandis qu`un autre demandait : « c'est ça, l`asphyxie financière de la France ? ».
OUATTARA POURRAIT PROLONGER L'INTERDICTION D'EXPORTER LE CACAO
Alassane Ouattara a déclaré qu'il prolongerait pour une durée indéterminée l'interdiction d'exporter le cacao de Côte d'Ivoire si Laurent Gbagbo ne lui cédait pas le pouvoir à l'expiration de la mesure actuellement en vigueur. Déclaré vainqueur de l'élection présidentielle par la « commission électorale » ivoirienne, dont les résultats ont été certifiés par les « Nations unies », Alassane Ouattara a décrété le 23 janvier 2011 une interdiction d'exporter le cacao de Côte d'Ivoire pendant un mois.
Dans une interview au « Financial Times », il dit être contraint de maintenir ces sanctions économiques pour forcer Laurent Gbagbo à quitter le pouvoir. « Si M. Gbagbo se retire, alors bien sâr l'interdiction sera levée. Mais s'il reste, je pense simplement que l'interdiction restera en vigueur » , a déclaré Alassane Ouattara. Laurent Gbagbo a été déclaré vainqueur du scrutin présidentiel par un « Conseil constitutionnel » à sa main, qui a annulé des milliers de bulletins de vote dans des régions jugées favorables à son adversaire.
La mesure prise par Alassane Ouattara, globalement respectée par les exportateurs, et son éventuelle prolongation ont fait grimper le cours du cacao. « L'interdiction porte sur les exportations (...) Les sociétés exportatrices devraient continuer à stocker », a poursuivi Alassane Ouattara. « Les fèves de cacao peuvent être stockées pendant longtemps. Il est évident que M. Gbagbo sera parti bien avant que les fèves de cacao ne commencent à pourrir ».
Le camp Ouattara tente de couper les vivres au régime Gbagbo, qui réplique en s`efforçant notamment de mettre sur pied un système bancaire viable à l`échelle ivoirienne. Cette bataille fait suite à la reconnaissance de M. Ouattara comme président ivoirien par la « Banque centrale des Etats d`Afrique de l`Ouest (BCEAO) », basée à Dakar.
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Mis à jour (Dimanche, 06 Mars 2011 00:36)























