Le « J20 », vendredi dernier, à Chengdu, dans la province du Sichuan. Le design du chasseur chinois de 5e génération ressemble au « F22 (Raptir américain) ».

 


Le futur « avion furtif » chinois a effectué son premier vol mardi. Cette nouvelle intervient une semaine après l'étonnante agitation médiatique autour d'essais au sol du même « J20 ».


Pékin voudrait se doter d'un chasseur de 5 e génération, qui serait une réponse apportée au « F22 (Raptor américain) ». Son design, notamment l'empennage arrière, y fait d'ailleurs inévitablement penser. D'après les photos « volées », l'appareil serait monoplace, biréacteur et muni d'une aile delta. Il serait aussi plus gros que le « F22 », donc avec plus de rayon d'action et plus de capacité d'emport de bombes. Il y a un an, le général He Weirong, numéro deux de l'armée de l'air chinoise, avait confié que la Chine mettrait en service « son propre avion de 4 e génération (5 e selon la classification occidentale) à l'horizon de huit ou dix ans ». Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, qui avait estimé que la Chine n'aurait qu'une « poignée » d'avions de 5 e génération en 2025, a récemment déclaré que le rythme des progrès chinois avait peut-être été sous-évalué. Le « J20 » n'est cependant encore qu'un démonstrateur, et il a fallu quinze ans avant que le « F22 » ne passe de ce stade aux unités opérationnelles.


UN MISSILE BALISTIQUE « TUEUR DE NAVIRES »

Les Chinois seraient sur le point de se doter d'une « arme fatale », un « tueur de porte-avions », capable de « changer les règles du jeu stratégique » dans la région. Il s'agit d'un « missile balistique antinavire (ASBM) », soit une variante du « missile Dongfeng 21-D ». Une arme qui pourrait rendre plus compliqué le déploiement d'un groupe aéronaval américain en mer de Chine en cas de crise, notamment autour de Taïwan. Elle pourrait en effet toucher un bâtiment déployé en mer à plus de 1 500 kilomètres de distance. Des essais seraient en cours mais de fortes inconnues demeurent, notamment le degré de sophistication des systèmes satellitaires permettant de suivre les cibles et de guider de tels missiles. À la fin de l'année dernière, Pékin a procédé au lancement de cinq nouveaux satellites « Yaogan », qui peuvent servir à de tels systèmes d'armes. Dans une interview publiée par un journal japonais, fin décembre, l'amiral Robert Willard, patron des forces américaines dans le Pacifique, a affirmé que la Chine avait développé les « capacités opérationnelles initiales » d'un tel missile. La destruction d'un vieux satellite météo par un missile balistique chinois en 2007 a montré les progrès de Pékin en la matière, et a été perçue comme un avertissement lancé à Washington.


DES PORTES-AVIONS AVANT 2020

Fin 2008, le ministère chinois de la Défense a confirmé pour la première fois que la Chine avait l'intention de construire un porte-avions, alors qu'elle restait jusque-là dans le flou, notamment pour ne pas effrayer ses voisins. Selon des experts, Pékin envisagerait de se doter à terme de 2 à 4 porte-avions de taille moyenne (autour de 60 000 tonnes), les premiers devant être opérationnels en 2020. L'année dernière, l'amiral Robert Willard a affirmé devant une commission du Congrès que la Chine pourrait avoir un premier porte-avions d'ici à 2012. Dans tous les cas, la mise à la mer d'un porte-avions n'est pas un aboutissement, et la mise en œuvre d'un groupe aéronaval est extrêmement complexe et pourrait prendre deux ou trois décennies de plus. Les experts s'opposent pour savoir si un premier de ces navires est déjà en chantier à Chanxing, près de Shanghaï. En attendant, selon des sources chinoises citées fin décembre par Reuters, la Chine accélérerait ses travaux sur le Varyag. Ce porte-avions a été acheté en 1998 à l'Ukraine. Il se trouve aujourd'hui dans le port de Dalian et pourrait servir de plate-forme d'apprentissage des techniques aéronavales. Il est intéressant que la Chine évoque peu la nécessité de se doter d'un porte-avions sous l'angle stratégique, mais plutôt pour des raisons de statut, « de symbole de l'ensemble de la puissance nationale ».


UNE VINGTAINE DE SOUS-MARIN EN CHANTIER

 


À gauche, le porte-avions chinois Varyag a été acheté en 1998 à l'Ukraine. Deux ou trois sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de la classe «Jin» (à droite) seraient en construction.


La fébrilité médiatique autour du futur porte-avions chinois semble aussi servir à cacher un effort beaucoup plus stratégique fait sur la flotte sous-marine. Pour la marine américaine, voire japonaise, c'est le vrai défi. Pékin posséderait une soixantaine de sous-marins, loin cependant d'être tous modernes. Au total, plus d'une vingtaine de sous-marins seraient en chantier. Parmi la flotte actuelle, il y aurait au moins 5 « SNA (sous-marins nucléaires d'attaque) » et 2 « SNLE (sous-marins nucléaires lanceurs d'engins) », plus 2 ou 3 autres de la classe « Jin » en construction. Ces derniers sont destinés à remplacer ceux de la classe « Xia ». Les services américains estiment que la Chine veut aligner au moins 5 « SNLE ». Ils ne seraient pas encore opérationnels pour des vraies missions de dissuasion, la Chine ne maîtrisant pas encore parfaitement le tir d'un missile balistique depuis les profondeurs. Ces sous-marins passent d'ailleurs aussi pour être encore les plus bruyants au monde, donc les plus vulnérables. Il y a un an, des sources américaines avaient affirmé que le nombre de grandes patrouilles sous-marines chinoises avait doublé par rapport à l'année précédente.

Mis à jour (Samedi, 15 Janvier 2011 23:17)

 

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