Le pape Benoît XVI a invité samedi 24 décembre 2011, pendant la veillée de Noël, les hommes à délaisser les « scintillements » de la société de consommation et « l'orgueil » de la « raison libérale », en se laissant séduire par l'« humilité » et le « message de paix » de Jésus.



Cité du « Vatican » : Le pape Benoît XVI devant la « basilique Saint-pierre » à Rome. 


Dans la « basilique Saint-Pierre », au cours de la messe solennelle célébrant la nativité de Jésus, retransmise en mondiavision, le pape de 84 ans est entré sur une estrade roulante sur laquelle il a lentement remonté la nef, le visage un peu figé. Il a été aidé à monter les marches de l'autel. Des dizaines de téléphones portables étaient tenus à bout de bras au-dessus de l'assistance pour immortaliser ce moment. L'entrée du pape avait été précédée dans la basilique encore plongée dans l'ombre du chant de la « Kalenda », qui récapitule l'attente de l'avènement d'un « Messie » dans l'« ancien Testament ». Puis, la basilique s'est illuminée pour signifier la nouvelle de la naissance du « Christ ».

Le pape, qui fustige régulièrement l'excès de rationalisme et le refus de la transcendance, a invité les hommes à une attitude d'« humilité » face au « mystère de Noël » : « si nous voulons trouver le + Dieu + apparu comme un enfant, alors nous devons descendre du cheval de notre raison + libérale + (...), déposer nos fausses certitudes, notre orgueil intellectuel », a-t-il préconisé. « Nous devons nous baisser pour rencontrer le + Dieu + différent de nos préjugés et de nos opinions », a-t-il estimé, rappelant que, selon la tradition, Jésus nouveau-né était couché dans une mangeoire. Benoît XVI a affirmé que Noël célébrait un enfant qui « dans toute sa faiblesse est Dieu-Fort ». « Prions le Seigneur de nous aider à traverser du regard les façades étincelantes de ce temps pour trouver derrière elles l'enfant dans l'étable de Bethléem (...) Noël est devenu une fête commerciale, dont les scintillements éblouissants cachent le mystère de l'humilité de + Dieu + », a-t-il regretté.

Le pape reconnaît que « des personnes ne réussissent plus à reconnaître Dieu dans la foi » : elles « se demandent (...) si le mal n'est pas aussi puissant et originaire que le bien et le beau que nous rencontrons à des moments lumineux dans notre cosmos ». « Avec Toi, a encore prié le pape en s'adressant à + Dieu +, nous devons être des artisans de paix, nous aimons Ton être-enfant, Ta non-violence », alors que « le monde est continuellement menacé par la violence en de nombreux endroits et de diverses manières ». « Montre Ta puissance, ô Dieu, a-t-il supplié. Dans notre monde, fais que les bâtons de l'oppresseur (...) et les chaussures bruyantes des soldats soient brûlés ». Il reprenait les termes du Livre de l'« Ancien Testament », lu à chaque « Noël », où le prophète Isaïe prédit l'arrivée d'un « prince de la paix » terrassant toutes les oppressions. Benoît XVI a demandé à 1,1 milliard de catholiques de prier pour qu'« apparaisse un rayon de la bonté de + Dieu + à tous ceux qui doivent vivre Noël dans la pauvreté, dans la souffrance, dans la condition de migrants ».

Le « pape » est apparu fatigué ces dernières semaines, à l'issue d'une année chargée marquée par plusieurs voyages et des responsabilités écrasantes, face à la « déchristianisation » et à des scandales douloureux comme celui de la « pédophilie ».


AUTRE ACTUALITÉ : LA TERRE SAINTE ENTRE DANS LA FÊTE DE NOËL :

Les chrétiens du monde entier commençaient samedi 24 décembre 2011 à célébrer la fête de Noël, en particulier en « Terre sainte », au cœur d’une région arabe en pleine révolution. Des dizaines de milliers de pèlerins ont convergé dès l’aube dans la ville de Bethléem (Cisjordanie), festonnée de guirlandes, de bannières blanche et jaune du « Vatican » et de drapeaux nationaux palestiniens. La procession colorée a donné lieu à une grande fête populaire palestinienne au centre de Bethléem, ce jour étant férié dans les Territoires. Quelques 50 000 visiteurs sont attendus cette année pour le week-end de la Nativité à Bethléem, a précisé à l’« AFP » la ministre palestinienne du Tourisme Khouloud Daibess. Pour faciliter le passage aux barrages des pèlerins chrétiens, dont les Palestiniens des Territoires occupés et les Arabes israéliens, l’« armée israélienne » a assoupli les mesures de sécurité pendant les « fêtes de Noël », sachant que les chrétiens orthodoxes fêtent la Nativité dans la nuit du 06 au 07 janvier 2011.

Le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, la plus haute autorité catholique romaine en « Terre sainte », a fait son entrée solennelle dans la ville natale du « Christ » en milieu d’après-midi, accompagné des troupes scoutes de Palestine et de leurs cornemuses héritées du mandat britannique (1920-48). Mgr Twal, 71 ans, présidera la traditionnelle messe de minuit dans l’« église Sainte-Catherine », à côté de la « basilique de la Nativité », en présence du président de l’« Autorité palestinienne » Mahmoud Abbas. Dans ses « vœux de Noël », le patriarche a évoqué le « Printemps arabe » et la situation des chrétiens dans la région, en reconnaissant être «  préoccupé » . Mentionnant la question palestinienne et la demande d’adhésion d’un État de Palestine à l'« ONU », le prélat a également souhaité « une + paix juste et globale + pour en finir avec le conflit israélo-palestinien ». « Nous adhérons à la position prise par le + Saint Siège + qui est claire et nette sur la solution des deux États avec une sécurité et des frontières internationalement reconnues », a-t-il ajouté.

Mis à jour (Dimanche, 25 Décembre 2011 10:13)

 

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