Le renforcement des sanctions américaines et européennes vis-à-vis de l'Iran et la toute nouvelle alliance signée avec « General Motors » sont en train de jouer un vilain tour à « PSA Peugeot Citroën ». Déjà confronté à un marché européen déprimé, le constructeur français voit se dérober le marché iranien, son premier débouché à l'export. Par Philippe Jacqué. Source : « Le monde.fr ».

Logo PSA peugeot Citröen.
Avec 458 000 véhicules écoulés - sur un total de 3,5 millions - en 2011, l'Iran est, en volume de véhicules vendus, le deuxième marché dans le monde pour la marque au lion, derrière le marché français. Le total des achats iraniens s'élève à 1,6 million de véhicules. « PSA », via son partenaire local « Iran Khodro », détient 30 % de ce marché. Mais tout pourrait s'arrêter cette année. Mercredi 28 mars 2012, « United Against Nuclear Iran (Unis contre un Iran nucléarisé) », un lobby sioniste américain hostile à Téhéran, a interpellé « General Motors » pour qu'il force « PSA », dont il (lobby sioniste américain) détient désormais 7 % des actions, à cesser tout commerce avec l'Iran.
Dans un communiqué, publié mercredi 11 juillet 2012, « GM » a précisé qu'il avait « discuté du problème avec + Peugeot + ». « Nous en avons retenu qu'ils avaient décidé de suspendre la production et l'expédition de matériel vers l'Iran il y a quelque temps, avant que nous signions notre alliance avec eux, et nous avons décidé de maintenir cette suspension », assure le constructeur américain. « Depuis février 2012, l'envoi vers l'Iran de kits d'assemblage a été gelé », confirme-t-on à la direction de « PSA ». « Cette décision n'a pas été prise pour répondre à des pressions de + GM +, jure + PSA +. Nous faisons face à une situation géopolitique compliquée et les sanctions mises en place, notamment vis-à-vis des banques, ne nous permettent plus de garantir le financement de nos activités sur place ». Quand les premiers envois ont cessé, mi-février 2012, Javad Najmeddin, le « PDG » d'« Iran Khodro », assurait dans « Donya Ehtessad », le grand quotidien économique iranien, que « les sanctions n'affecteront pas nos relations avec + PSA +. Les deux entreprises continuent à travailler ensemble ».
CHÔMAGE TECHNIQUE À VESOUL
Pour le groupe français, l'arrêt des exports de pièces va avoir un « impact relativement limité financièrement », assure « PSA », puisque ce marché représente 1,5 % à 2 % de son chiffre d'affaires (42,7 milliards d'euros) en 2011. Cela correspond à 640 à 850 millions d'euros de manque à gagner. Les premières victimes du gel des envois d'éléments, reconduit en avril 2012, puis sans doute dans les mois à venir, sont les 350 salariés en charge de ces envois au sein du centre mondial des pièces détachées de « Peugeot Citroën », à Vesoul (Haute-Saône). Depuis février 2012, ils sont au chômage technique, envoyés en formation ou redéployés vers d'autres services sur ce site, qui compte plus de 3 000 salariés.
VIDÉO : LE CONSTRUCTEUR FRANÇAIS PSA PEUGEOT CITRÖEN SUBIT LE CONTRECOUP DES SANCTIONS CONTRE L'IRAN ET CONTRAINT DE LICENCIER.
Également installé en Iran, « Renault », lui, dit ne pas avoir « de souci. Même si travailler là-bas est toujours compliqué, l'an dernier nous avons produit et vendu 93 578 véhicules, contre 46 587 en 2010 », explique-t-on à la direction du constructeur, ce qui lui permet de détenir 6 % de part de marché. Et sur les deux premiers mois de 2012, la firme au losange a écoulé 19 500 véhicules, notamment ses « Tondar90 », la version locale de la Logan, contre 8 850 sur la même période en 2011. S'il devait tirer un trait sur l'Iran, « PSA » perdrait 15 % de ses ventes (en volumes), ce qui le ferait dégringoler au classement mondial des constructeurs. Mais « Peugeot » devrait en conserver certaines, puisque « Iran Khodro » poursuit la vente sous licence des « 405 » et « 206 » qu'il fabrique de plus en plus avec des pièces produites localement. Il devra trouver une solution pour les pièces qu'il importait.
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Mis à jour (Vendredi, 13 Juillet 2012 07:48)






















