L'appel d'un pope de l'« Église orthodoxe » à lancer des pierres sur les participants de la « Gay Pride » à Sofia, ce 30 juin 2012, suscite un tollé chez les défenseurs des Droits de l'homme, mais reflète le conservatisme de la société bulgare. Source :  « L'express.fr ».



Les invertis à la « Gay Pride » 2011 à Londres. 


L'appel d'un pope de l'« Église orthodoxe » à lapider les participants à la marche des fiertés, le 30 juin 2012 à Sofia, a rapidement dépassé les frontières de la petite Bulgarie suscitant des réactions indignées à travers le monde. Invité sur un plateau de télévision, le père Evguéni Yanakiev, de Sliven, un jeune homme à la barbe touffue et aux longs cheveux noués en catogan, a affirmé que « tous ceux qui se sentaient un tant soit peu bulgares et chrétiens devraient trouver une façon de s'opposer à la + gay parade +. En leur jetant des pierres, par exemple. Les gays sont des malades mentaux. Et l'homosexualité, un prélude à la + pédophilie + », a-t-il ajouté.


ABSENCE DE RÉACTION DE LA HIÉRARCHIE ORTHODOXE

« Ce n'est pas tant les propos de cet homme qui n'a pas de fonction représentative dans l'+ Église + que l'absence de réaction de la part de sa hiérarchie qui nous inquiète », explique Yana Buhrer-Tavanier, l'une des animatrices de la « Gay Pride ». Le 18 juin 2012, les organisateurs avaient envoyé une lettre au « Saint-Synode » demandant à ses membres de prendre leurs distances avec les propos du pope de Sliven. Quelques jours plus tard, l'« Église » se contentait de diffuser un communiqué, le même que tous les ans, pour exprimer son opposition à cet événement « immoral », selon elle, et rappeler sa position sur l'« homosexualité », que l'institution considère comme « contre-nature », nuisant absolument à la personne, la famille et la société ». Pour autant, le texte ne fait aucune référence au père Yanakiev. « Peut-être parce que ses opinions ne sont pas, sur le fond, très différentes de la position officielle de l'+ Église + qui considère toujours l'+ homosexualité + comme une maladie psychique », poursuit Yana.


RÉACTION DES MALADES MENTAUX INVERTIS

« Qu'un homme de dieu puisse formuler un tel appel à la haine est tout bonnement inadmissible », selon Dessislava Petrova, du « Comité Helsinki local », une organisation de défense des droits de l'homme très active dans les anciens pays communistes. Le 27 juin 2012, « Human Rights Watch (HRW) » a également réagi depuis New York en demandant à la ministre bulgare de la Justice, Diana Kovatcheva, de « condamner publiquement les appels à la violence » formulés par le père Yanakiev, rappelant qu'il était de la responsabilité du gouvernement de « protéger » les militants « LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels) ».


UNE SOCIÉTÉ POST-RURALE, ORTHODOXE, CONSERVATRICE DES VALEURS FONDATRICES DE LA CRÉATION HUMAINE DE DIEU

Les positions conservatrices de l'« Église orthodoxe » ne sont que la partie visible de l'iceberg d'hostilité envers les homosexuels dans une société post-rurale encore très conservatrice. Le 26 juin 2012, Plovdiv, la deuxième ville du pays, s'est réveillée couverte d'affiches portant cette question : « On interdit la cigarette, mais on autorise les + Gay Pride + ». « Qu'est-ce qui est plus dangereux pour la santé de la Nation ? ».

A la manoeuvre, un groupuscule nationaliste sans doute convaincu d'être l'écho de la « vox populi » sur le sujet. Organisée chaque année à Sofia depuis 2008, la « Gay Pride » réunit en Bulgarie près d'un millier de personnes. Même si, jusqu'à présent, la violence contre ses participants n'a été que verbale, pour l'essentiel, les organisateurs déplorent qu'aucun député ou membre du gouvernement n'ait défilé à leur côté. « Dans notre parti, les hommes aiment les femmes et vice-versa », leur a implicitement répondu le Premier ministre, Boïko Borissov, dont le mouvement de centre-droit, « Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (GERB) », dirige le pays depuis 2009.

Mis à jour (Samedi, 30 Juin 2012 18:43)

 

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