Les magistrats semblent avoir acquis la conviction que l'« UMP » et son candidat à la présidentielle en 2007, Nicolas Sarkozy ont profité d'un financement illégal en espèces de la part de la milliardaire. Les juges seraient par venu à en reconstituer le parcours. Source :  « Le m:onde.fr ».



Balance et justice. 


Il y a aussi l'annotation du 26 avril 2007 dans le carnet du photographe François-Marie Banier. Ce jour-là, Mme Bettencourt avait reçu de Suisse, via M. De Maistre, 400.000 euros. Selon le carnet de M. Banier, elle aurait déclaré à ce dernier : « De Maistre m'a dit que Sarkozy m'avait encore demandé de l'argent, j'ai dit oui ».

L'enquête pour « abus de faiblesse » au préjudice de Liliane Bettencourt se rapproche de Nicolas Sarkozy. En effet, les magistrats chargés de cette instruction semblent avoir acquis la conviction que l'« UMP » et son candidat à la présidentielle de 2007 ont profité d'un financement illégal en espèces de la part de la milliardaire. « Le Monde » daté d'aujourd'hui qui a eu accès à des procès-verbaux d'audition révèle que le juge Jean-Michel Gentil serait parvenu à reconstituer le parcours de cet argent.

Une présomption alimentée par des témoignages et un calendrier qui peu à peu dessinent le circuit possiblement emprunté par cet argent liquide, qu'il vienne de France ou de comptes non déclarés en Suisse. L'instruction s'intéresse aussi à des visites personnelles et discrètes de Nicolas Sarkozy dont une entre les deux tours de la présidentielle, quelques jours seulement après le décaissement inexpliqué de 400 000 euros par les Bettencourt.


LA PISTE SARKOZY DE PLUS EN PLUS SÉRIEUSE

Nicolas Sarkozy apparaît nommément dans la procédure à plusieurs reprises. Selon différents témoignages, il a rendu visite plusieurs fois au couple Bettencourt pendant la campagne de 2007. De plus, à la date du 26 avril 2007, dans le journal qu'il tient, le photographe François-Marie Banier, ex-confident de Liliane Bettencourt accusé d'« abus de faiblesse », rapporte une plainte de la milliardaire sur les exigences financières de Nicolas Sarkozy. Or, à cette même date, 400 000 euros en liquide, en provenance de Suisse, ont été remis au couple Bettencourt. Par ailleurs, les agendas des différents protagonistes de l'affaire ont parlé et révélé d'étranges coïncidences

Le 17 janvier 2007, Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune Bettencourt, demande à Claire Thibout, la comptable de la famille, de retirer de la banque 150 000 euros. « Pour donner à Éric Woerth », assure la comptable, devant les juges. Mais celle-ci refuse de dépasser le plafond autorisé de 50 000 euros. Le lendemain, l'enveloppe contenant cette somme est remise par la comptable au couple Bettencourt, qui la transmet à Patrice de Maistre, actuellement en détention provisoire. Les agendas des protagonistes confirment ces échanges.


LES ESPÈCES REÇUES PAR ÉRIC WOERTH

Deux jours plus tard, Patrice de Maistre a rendez-vous avec Éric Woerth, trésorier de la campagne du candidat Sarkozy, dans un café proche du « QG » de campagne. Cette rencontre est notée dans l'agenda du gestionnaire des Bettencourt, pas dans celui du récipiendaire. Les deux hommes se connaissent. De Maistre s'apprête d'ailleurs à embaucher l'épouse du futur ministre du Budget. Éric Woerth, mis aussi en examen dans cette affaire, continue d'affirmer au juge qui n'en croit pas un mot, qu'il n'y a pas eu remise d'argent ce jour-là.

150 000 euros étaient réclamés ou promis, il restait donc à en trouver 100 000 euros. Le 28 janvier 2007, De Maistre se rend en Suisse rencontrer l'avocat helvète qui s'occupe des comptes non déclarés des Bettencourt. Celui-ci, René Merkt, a confirmé l'entrevue et précisé que son interlocuteur avait réclamé des fonds, via un mécanisme de compensation. Une semaine plus tard, le 05 février 2012, un coursier a livré un paquet chez les Bettencourt. Les enquêteurs ont établi que l'argent liquide était toujours apporté ainsi.

Le surlendemain, Patrice de Maistre rencontre à nouveau dans le même café Éric Woerth qui nie encore tout échange d'espèces. « Patrice de Maistre voulait évoquer l'importance du rôle des + PME + dans l'économie française », assure-t-il au magistrat qui l'interroge et a de plus en plus de mal à le croire… 


NOTE :

Le 03 avril 2012, M. Sarkozy a démenti sur « Canal + » tout financement illégal de sa campagne de 2007, admettant avoir pu rencontrer début 2007 André Bettencourt, aujourd'hui décédé, au domicile du couple, mais estimant que cela n'avait rien d'extraordinaire entre deux personnes habitant Neuilly, dont M. Sarkozy a été maire, et de surcroît membres de la même majorité.

Nicolas Sarkozy dont la convocation, par le juge bordelais, semble de plus en plus probable, pourrait être auditionné, voire mis en examen. Une convocation qui peut intervenir dès le 16 juin 2012, soit au lendemain de l'« immunité pénale » de l'ancien chef de l'Etat.

Mis à jour (Jeudi, 24 Mai 2012 09:16)

 

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