L'ombre de la Grèce, menacée d'être mise sous tutelle par les Européens, a une nouvelle fois plané au-dessus de Davos où l'inertie de la « zone euro », qui tarde à mettre en place des solutions pour en finir avec la « crise », a été critiquée samedi 28 janvier 2012 par une bonne partie de la planète.



Logo de l'Union européenne. 


Seul dirigeant d'un pays appartenant à l'« Union européenne » à avoir participé à un débat samedi 28 janvier 2012 dans cette localité suisse sur « l'économie mondiale », le ministre britannique des Finances George Osborne, un eurosceptique, a été contraint de prendre la défense de l'Europe.

« Beaucoup de choses se sont produites ces derniers (...) mois dans la + zone euroet nous devons reconnaître cela », a-t-il souligné, insistant cependant sur le fait que « davantage doit être fait » et que cela devait se produire « dans les prochaines semaines ». Le ministre faisait notamment allusion aux « pare-feux » financiers que la « zone euro » cherche laborieusement à mettre en place pour éviter la contagion. « Le pare-feu est la clé pour libérer la confiance » des investisseurs, des gouvernements et des consommateurs, a-t-il estimé.

Mais M. Osborne s'en est aussi pris à l'incapacité des Européens à régler le problème de la Grèce, dont les difficultés budgétaires ont éclaté au grand jour fin 2009. « Nous sommes au début de 2012 et nous parlons encore de la Grèce. Cela est un signe (montrant) que ce problème n'a pas été réglé », a-t-il insisté. « L'incapacité » des Européens à avancer sur ce dossier « provoque des ondes de choc » dans l'ensemble du monde, a averti M. Osborne.

Aucun pays au monde n'est en mesure d'échapper à la crise européenne, a averti de son côté la présidente du « Fonds monétaire international (FMI) » Christine Lagarde. « Personne n'est immunisé (...). Ce n'est pas seulement une crise de la + zone euro +, c'est une crise qui peut avoir des effets collatéraux (...) dans le monde entier », a-t-elle prévenu. Dans ce contexte, il est crucial que la « zone euro » mette en place les « pare-feux » financiers prévus afin de limiter l'effet de contagion et de rétablir la confiance.

Le Premier ministre japonais Yoshihiko Noda, s'exprimant par vidéo-conférence au « Forum économique mondial (WEF) » de Davos, a quant à lui montré du doigt la « zone euro » comme étant « la source majeure de risque pour l'économie mondiale ». « Je n'ai jamais été aussi effrayé que maintenant », a renchéri le chef de l'exécutif de Hong Kong, Donald Tsang. Car les économies, notamment asiatiques, sont bien plus interconnectées qu'au moment de la crise financière qui a secoué l'Asie dans les années 1990, a-t-il averti. Pour M. Tsang, 2012 sera une année « critique » et à cet égard il a appelé les dirigeants européens à entreprendre des actions décisives. « Vous devez inspirer confiance et cette confiance doit venir d'actions décisives des gouvernements travaillant ensemble (et) très rapidement », a-t-il souligné.

Mark Carney, gouverneur de la banque centrale canadienne et président du « Conseil de stabilité financière (FSB), s'est joint à l'avalanche de critiques, insistant sur le fait que l'« UE » devait non seulement agir rapidement, mais aussi prendre les bonnes décisions. Au moment où les négociations, entre le « lobby bancaire international (IIF) » et le gouvernement grec devaient reprendre, samedi 28 janvier 2012 en début d'après-midi à Athènes, M. Carney a estimé qu'il était important que la Grèce revienne à un niveau de dette « crédible » et « durable ».

Symbole des tensions régnant autour de la question de la dette grecque, certains pays de la « zone euro », dont l'Allemagne, ont réclamé un contrôle européen permanent du budget de la Grèce, ce qu'a exclu Athènes. « Il y a des discussions et des propositions au sein de la + zone euro +, dont une de l'Allemagne » pour « renforcer le contrôle des programmes et des mesures sur place », a déclaré samedi 28 janvier 2012 à l'AFP une source européenne sous couvert d'anonymat. Une « expertise externe sur place pourrait être pilotée par les institutions européennes et devrait aussi avoir certains pouvoirs de décision », a ajouté cette source.


LA GRÈCE REFUSE UN CONTRÔLE DE SON BUDGET PAR UNE EXPERTISE EUROPÉENE

Perdant manifestement patience vis-à-vis de la Grèce, plusieurs pays de la « zone euro », dont l'Allemagne, veulent un contrôle européen de son budget, ce qu'Athènes refuse catégoriquement. « Il y a des discussions et des propositions au sein de la + zone euro +, dont une de l'Allemagne » pour « renforcer le contrôle des programmes et des mesures sur place », a déclaré samedi à l'AFP une source européenne sous couvert d'anonymat. Une « expertise externe sur place pourrait être pilotée par les institutions européennes et devrait aussi avoir certains pouvoirs de décision », a ajouté cette source.

A Athènes, des sources gouvernementales grecques ont confirmé qu'une note informelle en ce sens avait été présentée à l'« Eurogroupe » et ont dit leur refus catégorique d'une telle solution. « La Grèce ne discute pas d'une telle éventualité, il est exclu que nous l'acceptions, ces compétences appartiennent à la souveraineté nationale », ont-elles souligné, faisant aussi valoir qu'une telle prise de contrôle « nécessiterait un changement des traités européens ». « Il faut donner une claire priorité à la réduction du déficit budgétaire (...). En Grèce se pose notamment le problème d'une politique budgétaire très décentralisée. Un cadre légal contraignant pourrait apporter une plus cohérence, faciliter et accélérer les décisions », selon la source européenne.

Déjà les représentants de la « troïka » formée par la « Commission européenne », la « Banque centrale européenne (BCE) » et le « Fonds monétaire internationale (FMI) » sont en Grèce et aident à la mise en application et au contrôle des mesures d'austérité, mais leur mission n'a pas vocation à être permanente.

Mise sous tutelle depuis mai 2010 par la « zone euro » et le « FMI » en échange de son maintien sous perfusion financière pour lui éviter la faillite, la Grèce surendettée négocie actuellement d'arrache-pied sur deux fronts. Athènes marchande d'une part avec ses créanciers privés pour obtenir l'effacement d'une partie de sa dette. Ces discussions difficiles, qui durent depuis trois semaines, devaient se poursuivre samedi 29 janvier 2012. D'autre part, Athènes négocie avec ses bailleurs de fonds publics la mise en oeuvre d'un second plan d'aide, d'un montant de 130 milliards d'euros, promis par les Européens en octobre 2011, mais dont le versement dépend des efforts de la Grèce à se réformer.


IMPATIENCE DANS LA ZONE EURO

Signe de l'impatience qui gagne les Européens, la proposition du commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn de rallonger cette enveloppe de 10 à 15 milliards d'euros a été fraîchement accueillie par l'Allemagne et la France vendredi 28 janvier 2011.

En Allemagne, des responsables des « Unions chrétiennes CDU-CSU », le parti de la chancelière Angela Merkel, ont multiplié les avertissements à la Grèce. « Il n'y aura pas d'argent si les réformes sont au point mort », a ainsi déclaré Horst Seehofer, le chef de la « CSU », à l'hebdomadaire « Der Spiegel » à paraître lundi 30 janvier 2012. « Nous ne pourrons et ne devons aider en tant que communauté européenne que si les Grecs prouvent leur sérieux », a renchéri Rainer Brüderle, le chef du groupe parlementaire « FDP », le parti libéral allié de Mme Merkel, interrogé par le même magazine.

Son homologue des « Unions chrétiennes », Volker Kauder, avait déjà évoqué jeudi 27 janvier 2012 dans le « Spiegel Online », « un commissaire mis en place par l'+ Union européenne + ou les pays de la + zone euro + » pour diriger la Grèce si elle ne parvenait pas à prendre elle-même les choix douloureux.

Mis à jour (Samedi, 28 Janvier 2012 16:30)

 

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