Droite et gauche ont voté mardi 06 décembre 2011 à l'« Assemblée », avec un rare consensus, en faveur d'une « résolution » réaffirmant la « position abolitionniste » de la France en matière de « prostitution ».

Une prostitutée dans le Bois de Boulogne à Paris.
Présentée par tous les présidents de groupes politiques à l'« Assemblée », cette déclaration de principe devait être suivie dans la soirée du dépôt d'une proposition de « loi », très concrète celle-là, sur la pénalisation des clients, à l'image de ce qui se fait en Suède depuis 1999. Cette proposition de « loi » est cependant loin encore d'être inscrite à « l'ordre du jour » de l'« Assemblée » et pourrait même ne pas l'être d'ici la fin de la législature. Les associations comme « Act-Up » et le « Strass (Syndicat du travail sexuel) » sont venues manifester, à quelques dizaines de personnes, devant le « Palais-Bourbon » « loi », peu avant l'ouverture des débats, pour dire « non » à des « politiques répressives » à l'égard des travailleurs du sexe.
La « résolution », qui n'a donc aucune valeur contraignante, « réaffirme la position abolitionniste de la France dont l'objectif, à terme, est une société sans + prostitution + ». « La + prostitution + ne saurait, en aucun cas, être assimilée à une activité professionnelle », souligne encore le texte. Pour Guy Geoffroy (UMP) qui a préparé la « résolution » avec Danielle Bousquet (PS), « non, la + prostitution + n'est pas le plus vieux métier du monde. Il faut désormais l'envisager sous l'angle des violences faites aux femmes ». « Notre pays est + abolitionniste + depuis 50 ans et on doit entrer maintenant dans le concret et notre proposition de + loi + aura des incidences très concrètes ». Les peines encourues par les clients pourraient aller jusqu'à deux mois d'emprisonnement et 3.750 euros d'amende, selon cette proposition de « loi » déposée par les deux députés et qui a reçu le soutien, « à titre personnel », de la ministre des Solidarités Roselyne Bachelot.
La convergence de vues affichée entre droite et gauche sur la réaffirmation de la « position abolitionniste » de la France n'empêche cependant pas les divergences de vues dans les deux camps. C'est notamment le cas pour les députés de la « Droite populaire ». Ainsi Jacques Myard a ironisé, dans les couloirs de l'« Assemblée », sur « la convergence », à la mode en ce moment, avec l'Allemagne. « On a signé les mêmes conventions sur la + prostitution + mais les Allemands ont des + Eros centers +» ! Et si la pénalisation était la solution, il y a longtemps qu'on l'aurait trouvée ». Quant à Lionnel Luca, il trouve que sur ce sujet « on est dans la démagogie la plus complète. La France invente l'eau chaude; par les temps qui courent, on a d'autres sujets à traiter ! ». A gauche, la proposition de « loi » n'a pas encore été discutée en réunion de groupe mais, hors du champ des élus, des personnalités féministes comme Elisabeth Badinter se sont prononcées dans la presse contre l'« abolition » et la « pénalisation » : « Si une femme souhaite gagner en trois jours ce que d'autres gagnent en un mois à la caisse d'un supermarché, c'est son droit », a-t-elle dit mettant comme « seule condition, mais elle est essentielle » que la femme « ne soit pas contrainte ». « Microcosme parisien », rétorque Danielle Bousquet qui observe que « pour une personne qui affirme avoir fait ce choix, il y a des centaines de victimes ».
Quant aux écologistes, ils sont partagés à 50/50, selon Yves Cochet. « La moitié d'entre nous est + abolitionniste + mais l'autre moitié considère que les prostituées sont des travailleuses du sexe pour qui il faut, à court terme, obtenir des droits sanitaires et sociaux ».
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Mis à jour (Mardi, 06 Décembre 2011 23:35)





















