« En dépit de très longues discussions lundi avec M. Laurent Gbagbo et le président élu Alassane Ouattara (…), j’ai le regret d’annoncer que la percée nécessaire n’a pas eu lieu », a déclaré, mercredi à Abidjan, le médiateur de l’« Union africaine (UA) » pour la crise en Côte d’Ivoire, Raila Odinga. Il animait un point de presse à l’« Aéroport internationale Félix Houphouet Boigny » de Port-Bouet au terme d’un séjour de deux jours à Abidjan. Il a dit être venu à Abidjan pour demander à Laurent Gbagbo, déclaré président élu par le « Conseil constitutionnel » de la Côte d’Ivoire, d’accepter de discuter de son départ. (Avec Koaci.com).

Raila Odinga, premier ministre kenyan, médiateur de l'« UA » dans la crise ivoirienne post-électorale, le 19 janvier 2011 à Abidjan.
« L’un des objectifs de ma mission, a-t-il souligné, était de convaincre M. Gbagbo d’accepter que la question de sa présidence figure à l’ordre du jour des discussions. De plus, il était impératif que le blocus de l’+ hôtel du Golf + soit levé », a déclaré l’émissaire de l’« organisation panafricaine ». Selon lui, Alassane Ouattara, déclaré président élu par le président de la « Commission électorale indépendante (CEI) », après être forclos, exige la levée du blocus de son hôtel avant toute discussion avec le camp Gbagbo.
« M. Gbagbo m’avait donné l’assurance de que ce blocus serait levé hier (mardi). Mais pour la deuxième fois en une semaine, il n’a pas tenu sa parole », a fustigé Raila Oidnga. « Il faut que le blocus soit levé. M. Ouattara dit qu’il ne peut pas parler quand il se sent en otage. Il faut un climat qui permette que les pourparlers commencent. Cela n’est possible que si les gens se sentent en liberté », a-t-il poursuivi. Selon lui, « la chose la plus importante est que le temps passe. Le temps passe vite et il faut trouver une solution le plus rapidement possible » à la crise.
« C’est un processus long, difficile qui doit aboutir à des résultats. L’+ Union africaine + pense toujours qu’il faut continuer sur la voix de la diplomatie, de la solution négociée. Quant à la voix militaire, elle ne peut être envisagée que quand la voix du dialogue a échoué », a-t-il répondu à un journaliste qui demandait si la négociation a échoué. « Malgré le recul d’hier (mardi), a-t-il argumenté, j’ai encore bon espoir qu’une solution pacifique est à notre portée et je suis prêt à revenir (en Côte d’Ivoire) si la situation le recommande ».
Il a en outre annoncé que Alassane Ouattara est d’accord pour donner 25% de postes ministériels de son gouvernement au camp de Laurent Gbagbo s’il quitte le pouvoir. Il a aussi dit avoir demandé que des assurances soient données à M. Gbagbo quant à « la liberté de choisir, dans la dignité et la sécurité, ses options futures y compris la possibilité de continuer la politique en Côte d’Ivoire ou de s’installer dans un pays de son choix ».
LE CAMP GBAGBO NE VEUT PLUS DE LA MÉDIATION D'ODINGA.
Le ministre des Affaires étrangères ivoirien, Alcide Djédjé a révélé, mercredi 19 janvier 2011 à Abidjan, que le gouvernement de son pays n’est plus prêt à recevoir le Premier ministre Kenyan, Raïla Odinga, comme médiateur de l’« Union africaine » dans la crise que traverse la Côte d’Ivoire.
« …S’arrêter à un point précis qui est né il n’y a pas longtemps et qui ne concerne pas le fond des problèmes posés en Côte d’Ivoire, traduit la volonté manifeste du médiateur de l’+ Union Africaine + de ne pas rechercher une solution à la crise ivoirienne. M. Odinga a failli à sa mission et nous ne sommes plus prêts à le recevoir ici en Côte d’Ivoire. Nous le récusons », a déclaré le chef de la diplomatie ivoirienne au cours d’une conférence de presse qu’il a animée à son cabinet à son cabinet au Plateau.
Alcide Djédjé a accusé Odinga d’avoir pris position pour Alassane Ouattara dans le traitement du dossier de la crise post-électorale. Il faisait ainsi allusion à la levée du blocus du « Golf Hôtel » que le médiateur de l’« Union Africaine » a posée comme préalable à toute discussion entre les deux parties protagonistes.
Pour le ministre des Affaires Etrangères, cela n’est qu’un autre stratagème « mis en place pour attaquer la ville d’Abidjan ». Rendant compte des discussions entre le Premier ministre Kenyan et le président Laurent Gbagbo, au sujet du blocus, M. Djédjé a souligné que M. Raïla Odinga avait été informé qu’un courrier avait été envoyé à l’« Union Africaine » pour justifier le maintien du blocus.
« …Le blocus était maintenu jusque là en raison de la présence de 300 à 400 soldats des + Forces nouvelles + à l’intérieur de cet hôtel avec des armes lourdes qui ont servi à l’attaque durant les manifestations du 16 décembre 2010 et que face à cette situation, il a fallu prendre un minimum de mesures de sécurité pour protéger les personnalités résidant ou travaillant dans la zone », a relevé le ministre.
Qui a rappelé que la levée du blocus est soumise à des modalités « pour être sûr que la sécurité sera assurée dans les environs ». C’est pourquoi « le président Gbagbo a indiqué qu’il serait souhaitable que les soldats des + Forces de défense et de sécurité + et des + Forces armées des Forces nouvelles + aient une rencontre pour apprécier les modalités de la levée du blocus du + Golf Hôtel + », a précisé Alcide Djédjé.
Par ailleurs le chef de la diplomatie ivoirienne a marqué sa surprise face au communiqué de fin de mission de Raïla Odinga qu’il alu à l’aéroport mercredi 19 janvier 2011 matin avant de prendre son avion. Il s’est indigné de la précipitation avec laquelle l’émissaire de l’« UA » a écourté sa mission à Abidjan.
« Le président Gbagbo l’a attendu en vain hier (mardi à 16 h (Ndlr : mardi 18 janvier 2011). Il n’a pas repris contact avec nous jusqu’à ce qu’on apprenne qu’il part aujourd’hui, alors que sa mission devrait durer une semaine. Aussi avons-nous été surpris de son communiqué et de son contenu qu’il a lu à l’aéroport avant son départ », a martelé Alcide Djédjé. Il a insisté que le gouvernement ivoirien ne veut plus d’une médiation conduite par le premier ministre kényan. Toutefois, le conférencier a souligné que Laurent Gbagbo et son camp restent ouverts « à toutes sortes de discussions venant de l’+ UA + ou d’ailleurs ».
NOTE :
Raila Odinga devait consulter dans la journée les dirigeants angolais et sud-africains pour tenter de consolider les efforts de l'« Union africaine » afin de contraindre Laurent Gbagbo à démissionner.
Il a déjà obtenu, après les avoir rencontrés, le soutien des présidents du Ghana, du Mali et du Burkina Faso, membres de la « Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) » qui considère Alassane Ouattara comme le président légitime du pays, a-t-il ajouté.
Odinga a constaté mercredi soir l'échec de sa mission et le « Conseil de sécurité de l'Onu » a voté l'envoi de 2.000 casques bleus en renfort en Côte d'Ivoire.
La victoire d'Alassane Ouattara, par 54,1% selon la « commission électorale indépendante ivoirienne », a été reconnue par la « communauté internationale » mais le « Conseil constitutionnel » ivoirien, présidé par un allié du chef de l'Etat sortant, a proclamé la victoire de Laurent Gbagbo par 51% après avoir invalidé une partie des bulletins de vote.
L'Angola est le seul pays africain à avoir envoyé un ambassadeur à la cérémonie de prestation de serment de Laurent Gbagbo, avec lequel il entretient des liens depuis longtemps. Luanda, qui avait fourni à Gbagbo un soutien militaire durant la guerre civile de 2002-2003, a critiqué les menaces d'intervention pour déloger le président sortant.
Lire, également, dans la même rubrique, l'article suivant :
>> CÔTE D'IVOIRE : LE MÉDIATEUR DE L'UA DÉCIDE DE REPARTIR FAUTES D'AVANCÉES.
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Mis à jour (Jeudi, 20 Janvier 2011 17:51)






















Commentaires
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Le président du « Comité des chefs d’état-major de la CEDEAO », le Général Oleseyi Petinrin a donné une conférence de presse à l’issue de la 28ème réunion de cette organisation, tenue les 18 et 19 Janvier 2011, à l’hôtel Salam de Bamako.
La crise ivoirienne a dominé la rencontre qui a débattu d’autres questions de sécurité dans la bande sahélo-saharienne, le terrorisme, le trafic de drogue et des armes légères etc…
Le Président du Comité s’est réjoui de la participation aux travaux, d’officiers généraux commandant les forces de l’« ONUCI et de l’« UNMIL qui ont édifié sur la situation qui prévaut en Côte d’Ivoire, et celle des refugiés le long des frontières entre la Côte d’Ivoire et le Libéria. Les problèmes de la « CEDEAO » ne peuvent être réglés que par les membres de la « CEDEAO », et un problème mal réglé peut avoir des incidences graves dans la sous-région. Concernant la gestion de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, « il faut que nous nous préparions, que nous préparions nos troupes au cas où nous aurions besoin d’une intervention militaire.
Tout dépendra de ce qui se passera en Côte d’Ivoire au plan interne. Si le problème politique est réglé à partir du dialogue, il n’y aura plus d’intervention militaire », selon le Général d’armée aérienne Petinrin. La réunion des chefs d’état major de la « CEDEAO » est-elle parvenue à la conclusion que le dialogue a encore une chance d’aboutir ? Les troupes de la « CEDEAO » ne sont-elles pas prêtes ? La situation n’en vaut-elle pas la peine d’une intervention militaire ? Pour tout dire, le président du Comité des Etats major a été clair «les états majors sont responsables devant les chefs d’Etat. Ce sont les chefs d’Etat qui décident. Lorsqu’ils décideront, nous prendrons toutes les dispositions pour intervenir ». Nous allons exécuter cette mission lorsqu’on nous la demandera, a annoncé le Général Petinrin. Et cette intervention ne dépendra pas forcement de l’« ONUCI car « les Nations unies sont les Nations unies, et la + CEDEAO +, c’est la + CEDEAO + ». Ce que fait l’ONU est utile pour la Côte d’Ivoire,
Lors de la cérémonie de clôture qui a précédé la conférence de presse, le ministre malien de la Défense et des Anciens Combattants, Natié Pléah a noté que les travaux ont permis d’atteindre des résultats de nature à « franchir une étape supplémentaire dans la recherche de solutions aux défis sécuritaires qui se posent avec acuité aux pays de l’espace + CEDEAO + ». Ces défis sont le terrorisme, le trafic de drogue, la prolifération des armes légères, les conflits postélectoraux, la piraterie et les pêches illégales. Mais compte tenu de la crise ivoirienne, la gestion des conflits postélectoraux aura marqué la 28ème réunion à l’hôtel Salam de Bamako.
Des discussions « dans une atmosphère empreinte de cordialité et de franchise » autour de la problématique des aspects financiers des opérations de soutien de paix, ont conduit à l’adoption d’un « document cadre » en la matière. Le ministre malien de la Défense et des Anciens Combattants y reconnait « une avancée importante », car « une bonne gestion des aspects financiers est déterminante pour la conduite d’opérations efficaces et bien soutenues », a appuyé le ministre Natié Pléah.
Les échanges sur la situation en Côte d’Ivoire, qui continue d’être la préoccupation majeure de la sous région, en raison des connexions que cette crise pourrait avoir avec la situation au Libéria, ont permis d’aboutir à ‘« l’esquisse d’une stratégie pouvant en minimiser les effets », a indiqué le ministre. Aucune précision n’a été donnée en ce qui concerne le document cadre ou l’esquisse de stratégie auxquels sont parvenus les chefs d’état major.