Agathe Habyarimana, la veuve du président rwandais assassiné en 1994 et qui a été arrêtée mardi dans l'Essonne en vertu d'un mandat d'arrêt international émis par Kigali, a été remise en liberté et placée sous contrôle judiciaire, a annoncé le « parquet général » de Paris.

 


Photo datée du 14 avril 1977 de Agathe Habyarimana, veuve du président rwandais assassiné en avril 1994.


Mme Habyarimana doit dorénavant être présentée « dans un délai de dix jours ouvrables » devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris qui donnera ou non son aval à la demande d'extradition formulée par Kigali.

« Mme Habyarimana ne va pas consentir à être extradée », a affirmé à l'AFP son avocat Me Philippe Meilhac.

Agée 67 ans (bien 67), Agathe Habyarimana est accusée par le Rwanda d'avoir participé à la planification et à l'organisation du génocide. Elle est souvent présentée comme une membre de l'« akazu », le premier cercle du pouvoir « hutu » qui a fomenté le génocide, ce qu'elle nie.

Elle « fait partie des principaux planificateurs du génocide (...). Il est important qu?elle soit traduite en justice et réponde aux questions qui lui seront posées par les instances judiciaires », a déclaré le ministre rwandais de la Justice, Tharcisse Karugarama, joint au téléphone par l'AFP.

Désignée sous son nom de jeune fille, Kanziga, dans la « notice rouge » d'« Interpol » qui a diffusé le mandat d'arrêt international, Mme Habyarimana avait été arrêtée mardi vers 08H00 à son domicile de Courcouronnes (Essonne).

La justice française s'est opposée à trois reprises à l'extradition vers le Rwanda de personnes soupçonnées d'avoir pris part au génocide. La « Cour de cassation », la plus haute autorité judiciaire française, a jugé que les juridictions rwandaises ne satisfaisaient pas aux normes internationales et n'étaient pas à même de garantir un « procès équitable » et un accès à une « justice indépendante ».

Mis à jour (Mercredi, 03 Mars 2010 01:32)

 

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