Au moins dix personnes ont été blessées dans de violents affrontements entre policiers et partisans du parti dissous « Union nationale (UN) », mercredi 15 août 2012, dans la capitale gabonaise, Libreville. L'« UN », de l'opposant André Mba Obame, récemment revenu d'un exil de quatorze mois, avait appelé à cette manifestation pour réclamer une « conférence nationale ». La police a procédé à au moins une dizaine d'interpellations. L'opposition a fait état de trois morts après les affrontements, ce que les autorités gabonaises ont démenti. Source : « LE MONDE/AFP ».

Des militants de l'opposition interdite « L'UN (l'Union nationale) » ont lancé un mot d'ordre de manifestation à Libreville, depuis le 14 août 2012, la veille de la date anniversaire de l'accession à l'indépendance du Gabon.
« L'UN (l'Union nationale) », officiellement dissoute par les autorités gabonaises, n'a en principe pas le droit d'organiser de manifestations. Mais des militants avaient prévenus dès mardi 14 août 2012 qu'ils occuperaient la place du Marché des Cocotiers, un quartier populaire du centre de la ville. « Arrivera ce qui arrivera », avait ainsi lancé le secrétaire exécutif adjoint de l'« UN », Gerard Ella Nguema. Entre deux mille et trois mille manifestants, qui s'étaient réunis au siège de l'« UN » et qui se dirigeaient vers le quartier de Cocotier, dans le centre de la capitale, ont également été violemment dispersés.
ÉCAUFFOURÉS ET DÉGATS
De violents affrontements ont alors opposé les forces de l’ordre aux partisans de l’opposition dans le 2ème arrondissement de Libreville, où André Mba Obame, le secrétaire exécutif de « l’Union nationale (l'UN dissous) », devait organiser un meeting pour faire partager au plus grand nombre son idée d’organiser une conférence nationale souveraine, indispensable, à ses yeux, pour ramener la sérénité dans le pays.
Le bilan des affrontements est contradictoire. L’opposition fait état de trois morts et de plusieurs blessés, un bilan démenti par le pouvoir qui reconnait par contre l’interpellation de plusieurs manifestants et annonce la poursuite des arrestations. Les échauffourées ont également fait des dégâts collatéraux. Une station d’essence a été sérieusement endommagée non loin du rond point de Nkembo, où se sont déroulés les heurts les plus violents, des véhicules ont été incendiés, des poubelles renversées sur la chaussée… Dans la nuit de mercredi à jeudi, l'émetteur de « TV+ », une télévision appartenant à M. André Mba Obame, aurait été incendié par des hommes armés encagoulés.
La crise politique, qui couve depuis les élections législatives du 17 décembre 2001 et, au-delà, l’élection présidentielle anticipée du 30 août 2009, dont les résultats continuent d’être contestés par une frange de l’opposition, devient un peu plus apparente. Ces violences surviennent vendredi 17 août 2012, lors de la célébration du Gabon du 52ème anniversaire de son accession à la « souveraineté internationale » alors que le climat politique s’est brusquement tendu dans le pays depuis que les « forces de l’ordre » ont empêché la tenue, mercredi 15 oaût 2012 à Libreville, d’un meeting de l’opposition.
« OU C'EST LA VIOLENCE POLITIQUE OU LA CONFÉRENCE NATIONALE »
Le ministère de l'intérieur a prévenu qu'André Mba Obame, un ancien ministre de l'intérieur, est poursuivi pour « troubles à l'ordre public » après la levée de son immunité parlementaire et qu'il risque de deux mois à un an de prison. « Il sait qu'il faut demander une autorisation. Ils ne l'ont pas demandée. La manifestation n'est donc pas autorisée. Nous sommes les garants des libertés publiques », a maintenu le ministère.
Lors du retour au pays de M. Mba Obame, samedi 11 août 2012, après quatorze mois d'absence en raison de problèmes de santé, « L'UN (l'Union nationale) » avait appelé à manifester. A son arrivée, M. Mba Obame a notamment lancé : « Ou c'est la violence politique ou la conférence nationale. C'est le seul moyen de sortir le pays de la crise sans verser de sang ». M. Mba Obame avait contesté la victoire à la présidentielle d'Ali Bongo, le fils de l'ancien président Omar Bongo, mort en 2009, et s'était autoproclamé président de la République en 2011, avant de se réfugier plus d'un mois dans une agence onusienne de Libreville.
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Mis à jour (Samedi, 18 Août 2012 11:42)






















