A Ras Lanouf, un des terminaux pétroliers les plus importants en Libye, « le port est fermé. Le pompage et le chargement du pétrole sont arrêtés », a indiqué à l'AFP un responsable des opérations au port pétrolier. Des partisans de l'autonomie de l'Est libyen ont contraint des terminaux pétroliers à l'arrêt, accentuant les craintes sur la fragilité de la situation sécuritaire, à la veille des premières élections du pays depuis des décennies.

Le drapeau du roi Idriis devenu, depuis la révolution des rebelles libyens, le drapeau officiel de la Libye.
Jeudi soir 05 juillet 2012, des hommes armés se sont rendus dans plusieurs terminaux pétroliers -- Al-Sidra, Ras Lanouf, al-Harouj, Brega -- le long de la côte dans l'Est du pays pour leur intimer l'ordre, aimablement selon les responsables concernés, de cesser leurs opérations. « Le port est fermé. Le pompage et le chargement du pétrole sont arrêtés », a déclaré dans la nuit à l'AFP un responsable des opérations de Ras Lanouf, à 370 km au sud-ouest de Benghazi, un port par lequel sont acheminés, selon des spécialistes du secteur, plus de 200.000 barils de brut par jour.
« La situation est la même depuis la nuit dernière », a déclaré vendredi matin 06 juillet 2012 Milad Mohamed Ali, un haut responsable du port de Harouj, affirmant que les militants fédéralistes leur avaient demandé d'arrêter le travail pendant 48 heures. « Le gouvernement doit faire quelque chose à ce sujet. C'est leur façon d'attirer l'attention sur leurs revendications », a-t-il ajouté. Dénonçant la répartition des sièges prévue au sein de l'« assemblée nationale » qui doit être élue samedi (100 sièges pour l'Ouest, 60 pour l'Est et 40 pour le Sud), les partisans de l'autonomie de l'Est ont appelé au boycott des élections et menacé de saboter le scrutin.
Dimanche 08 juillet 2012, ils avaient saccagé les locaux de la « Commission électorale » à Benghazi et jeudi 05 juillet 2012, un entrepôt contenant du matériel électoral à Ajdabiya, entre Ras Lanouf et Brega, a été incendié. Pour tenter de calmer leur colère, le « Conseil national de transition (CNT) » a ôté jeudi soir 06 juillet 2012 l'une de ses principales prérogatives à la prochaine « assemblée » : désigner les membres du comité chargé de rédiger la future « Constitution ». La composition du comité fera l'objet d'un nouveau scrutin, et chacune des trois régions y enverra 20 membres, a assuré le « CNT » en annonçant un amendement en ce sens à la loi électorale.
CONCURRENCE ISLAMISTES ET LIBERAUX
Le « Congrès général national », dont les membres doivent être élus samedi 07 juillet 2012, sera uniquement chargé de choisir un nouveau gouvernement, gérer une nouvelle période de transition, et surtout préparer la loi qui régira l'élection du comité constituant.
Outre les partisans de l'autonomie, certains groupes islamistes de l'Est s'opposent aussi au scrutin, estimant que le « Coran » devrait être la « Constitution » du pays. Le « CNT » a répété jeudi 05 juillet 2012 que la « charia (loi islamique) » serait la « principale » source de législation du pays, mais pas l'unique. Comme en Tunisie puis en Egypte voisines, les premières élections après le départ de l'ex-homme fort du pays pourraient porter les islamistes au pouvoir, même si les libéraux, conduits par les architectes de la révolution libyenne, se disent confiants. Outre ces oppositions, les affrontements meurtriers qui éclatent régulièrement entre groupes et milices armés, souvent formés d'anciens combattants rebelles, en particulier dans le sud et l'ouest du pays, représentent aussi une source d'inquiétude.
Quelque 2,7 millions de Libyens sur une population de 6 millions, soit environ 80% du corps électoral potentiel, se sont inscrits sur les listes électorales pour désigner leurs représentants parmi 3.707 candidats. Les premiers résultats devraient être annoncés à partir du 09 juillet 2012. Le porte-parole du gouvernement intérimaire, Nasser al-Manaa, a appelé jeudi 05 juillet 2012 « tous les Libyens, hommes et femmes, à participer, à protéger et être fiers de ces élections qui constituent une étape vers la stabilité et le développement ». Les autorités ont indiqué avoir mis en place un plan de sécurité mobilisant 40.000 membres des « services de sécurité », appuyés par 13.000 hommes de la jeune « armée libyenne » en cours de construction.
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Mis à jour (Vendredi, 06 Juillet 2012 20:52)





















