Selon l'agence « Reuters », la progression des « forces » du « Conseil national de transition (CNT) » vers le centre de Syrte a été stoppée jeudi 06 octobre 2011 par le tir nourri des combattants restés fidèles à Mouammar Kadhafi retranchés dans sa ville natale. A l'intérieur de la ville, la persistance des combats accentue les souffrances de la population, exposée aux tirs mais aussi aux pénuries.



Explosion d'un obus contenant du gaz moutarde, cette arme chimique est utilisére par l'« OTAN » en Libye. 


LES FORCE DU CNT/OTAN PIÉTINENT À SYRTE

L'intensité des tirs rend optimistes les prévisions des nouvelles autorités libyennes, qui pensaient pouvoir venir à bout de la résistance des « Kadhafistes » d'ici ce week-end. La prise de Syrte, sur la côte méditerranéenne, est d'une importance capitale pour les nouveaux dirigeants libyens, qui en ont fait le point de départ du calendrier de la transition vers la démocratie. Les unités déployées par le « CNT » sur la ligne de front se sont établies dans un hôtel de luxe situé à l'extrémité nord-est de la ville. De là, elles tentent, rue par rue, de déloger de leurs positions les tireurs embusqués.

Mais, jeudi 06 octobre 2011 à la mi-journée, les combattants du « CNT » ne semblaient pas avoir progressé d'un mètre au cours des vingt-quatre heures écoulées. Les sentinelles qui gardent leur base provisoire, sur le toit de l'hôtel, ont même été la cible de tirs de mitrailleuse. Un des snipers pro-Kadhafi serait embusqué dans le minaret d'une mosquée située à 600 mètres. Plus au sud, dans l'aéroport repris par les forces du « CNT », un des combattants de l'ex-rébellion juge stupides ceux parmi ses commandants qui parlaient ces jours-ci d'un assaut final :

« Ils n'ont pas conscience de l'équilibre des + forces + », dit-il. Les commandants des « forces » du « CNT » estimaient cette semaine être en mesure de s'en rendre maîtres d'ici le week-end. Mais les partisans de Kadhafi, qui se battent le dos à la mer et sans autre lieu où se réfugier, opposent une résistance farouche. « Un grand nombre d'entre eux sont des combattants aguerris, des fanatiques radicaux. Il y a aussi des mercenaires et des gens d'une loyauté à toute épreuve envers Kadhafi. Ils ne se rendront pas », explique Matthew Van Dyke, un Américain qui se bat au côté des « forces » anti-Kadhafi. « Cela va prendre beaucoup de temps. Du fait de la présence de snipers, nous allons essuyer des pertes importantes », poursuit-il.


L'OTAN FRAPPE DES CIVILS

Les blocs de béton qui jonchent les rues de Syrte et les façades noircies des immeubles d'habitation témoignent de la violence des combats pour le contrôle de cette ville de 75.000 habitants. Confrontée aux pénuries de vivres et d'eau, sans hôpitaux fonctionnant correctement, exposée aux combats, une partie de la population a pris la fuite.

De nombreux civils combattent les « rebelles », et une réorganisation avec l’enrolement massif et volontaire de civils est prévue. Ainsi, une « armée » puissante sera crée à Syrte qui contre attaquera pour libérer totalement les alentours de Syrte. 

Hadj Abdallah, un quinquagénaire rencontré à un poste avancé établi par la « Croix-Rouge », est de ceux-là. Il dit avoir perdu son fils de onze ans dans un bombardement aérien de l'« OTAN ». « J'ai dû l'enterrer sur place parce que c'était trop dangereux d'aller au cimetière », dit-il avant d'évoquer la situation dans la ville. « Il y a des frappes à l'aveugle, des gens meurent dans leur maison ».

Un porte-parole de l'« OTAN » assurait mercredi 05 octobre 2011 que l'aviation alliée n'avait mené aucun raid sur Syrte depuis le week-end et que tout était mis en oeuvre pour protéger les civils. Mais des habitants ne le croient pas. « L'+ OTAN + frappe des innocents. Nous ne pardonnerons jamais », dit Mohamed, 23 ans. Des rescapés affirment que des civils ont pris les armes et se battent au côté des « forces » restées loyales à Kadhafi. « Il n'y a plus de brigades (kadhafistes) dans la ville. Ceux qui se battent dans Syrte sont des gens qui ont perdu leurs frères, leur mère, leurs soeurs », poursuit Mohamed.

Syrte compte dans sa population un grand nombre de membres de la propre tribu de « l'ex-Guide ». La bataille en cours pourrait donc prendre des allures de test de la capacité des nouvelles autorités libyennes à fédérer le pays et réconcilier ses fractions tribales.


PROTECTION DES CIVILS PAR LES BOMBARDEMENTS DE L'OTAN LES CRIS ET LES PLEURS DES ENFANTS


KADHAFI APPELLE LES CIVILS À UNE MANIFESTATION

Le dirigeant en fuite Mouammar Kadhafi a appelé les Libyens à manifester « par millions » contre le nouveau pouvoir libyen, le « Conseil national de transition (CNT) », dans un message sonore diffusé jeudi soir 06 octobre 2011 par la chaîne « Arraï » basée en Syrie. « J'appelle le peuple libyen, hommes et femmes, à sortir pour manifester par millions à nouveau sur les places et dans les rues et dans toutes les villes », a déclaré le « Guide libyen » dans un message sonore, dans lequel il était à peine audible.


Ci-dessous, le discours du Guide libyen :

« Je leur dis n’ayez peur de personne, vous êtes le peuple, vous appartenez à cette terre. Faîtes entendre votre voix contre les collaborateurs de l'+ OTAN + »

« J’appelle le peuple libyen, hommes et femmes, à sortir pour manifester par millions à nouveau sur les places et dans les rues et dans toutes les villes »

« Certains parlent du + CNT + comme du représentant légitime du peuple libyen, mais d’où vient cette légitimité, de l’élection par le peuple libyen ? »

« Que tous ceux qui reconnaissent le + CNTse préparent à voir apparaître chez eux des conseils de transition qui, imposés par le pouvoir des flottes [aériennes étrangères], les remplaceront à leur tour les uns après les autres ».

Mis à jour (Jeudi, 06 Octobre 2011 20:37)

 

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