La Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis ont demandé vendredi le départ de Mouammar Kadhafi, dont la chute est désormais l'objectif avoué de l'« OTAN », quelques heures après une apparition du leader libyen paradant dans Tripoli. Le « BRICS (Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud) » font part dans un communiqué commun ce jeudi 14 avril 2011 de leur vive préoccupation sur la situation libyenne.

Un véhicule lance-roquette des rebelles libyens tirant les roquettes pour défendre leur position à Misrata.
Sur le terrain, les rebelles ont avancé pour tester la ligne de front dans l'est du pays, et des avions survolaient dans l'ouest la zone de Zenten, où des chars ont été détruits par des frappes aériennes dans la nuit de jeudi 14 avril 2011 à vendredi 15 avril 2011.
Dans une tribune commune publiée dans quatre quotidiens, David Cameron, Nicolas Sarkozy et Barack Obama ont jugé « impossible d'imaginer que la Libye ait un avenir avec Kadhafi ». « Il ne s'agit pas d'évincer Kadhafi par la force. (...) Mais il est impensable que quelqu'un qui a voulu massacrer son peuple joue un rôle dans le futur gouvernement libyen », écrivent les trois dirigeants. Pour accélérer son départ, ils estiment que « l'+ OTAN + et les partenaires de la coalition doivent maintenir leurs opérations afin que la protection des civils soit maintenue et que la pression sur le régime s'accroisse ».
Le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a estimé qu'avec cette prise de position des trois pays, on était « certainement » en train de sortir de la « résolution 1973 de l'ONU » sur la Libye.
L'INTERVENTION VA « TROP LOIN » POUR MEDVEDEV
« Nous sommes profondément préoccupés face à l'agitation au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Afrique de l'Ouest ». Réunis en sommet dans la province chinoise de Sanya, les dirigeants des cinq superpuissances émergentes à savoir le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud réunis sous le nom de « BRICS » ont critiqué en langage diplomatique l'intervention militaire en Libye. « Nous souhaitons sincèrement que les pays affectés parviennent à la paix (…) en fonction des aspirations légitimes de leurs peuples » écrivent-ils dans une déclaration commune rappelant que « l'usage de la force doit être évité ».
A huis-clos, les propos étaient beaucoup moins feutrés. Un diplomate présent confiait que tous ont fermement condamné les bombardements, Dimitri Medvedev, le président russe a même affirmé que l'« OTAN » allait « trop loin », outrepassant selon lui la « résolution de l'ONU ». Le successeur de Vladimir Poutine avait déjà eu des propos très durs au sujet de l'intervention militaire voulue principalement par le Royaume-Uni et le France. Pour mémoire, la Russie et la Chine s'étaient abstenu de voter la « résolution de l'ONU » autorisant l'opération de la coalition.
Les trois autres pays du « BRICS » se joignent à eux et réaffirment aujourd'hui leur position non interventionniste. Ils accentuent aussi un peu plus leur rôle de contre poids au niveau mondial face à la prédominance du « G8 ». Fondé en 2009 le « BRICS », l'Afrique du Sud est venue après, regroupe les pays dont le « PIB » se situerait au même niveau que celui des Etats-Unis, de l'Allemagne ou du Japon à l'horizon 2050.
Lors du sommet en Chine, le troisième du groupe, les cinq pays en ont également profité pour renforcer leurs échanges économiques notamment sur le marché financier, l'investissement et le financement dans le domaine des ressources naturelles, des hautes technologies, des technologies à bas carbone et de la protection de l'environnement.
LE NUMERO 2 D'« AL-QUAÏDA » APPELLE À LA LUTTE CONTRE L'OTAN.
Ayman al-Zawahiri, allié le plus proche d'Oussama ben Laden, leader d'« Al-Qaïda », a appelé les musulmans d'Afrique du Nord à se lever contre l'« OTAN » en Libye, rapporte vendredi 15 avril 2011 la presse internationale, se référant au « Centre américain de surveillance de sites islamistes (SITE) ».
« Je veux attirer l'attention de nos frères musulmans en Libye, en Tunisie, en Algérie et dans les autres pays musulmans, sur le fait que si les Américains et les forces de l'+ OTAN + débarquent en Libye, ses voisins en Egypte, en Tunisie, en Algérie et dans les autres pays musulmans devront se lever à la fois contre les mercenaires de Kadhafi et l'+ OTAN + », a déclaré le numéro 2 de la nébuleuse terroriste dans une vidéo enregistrée de toute évidence avant l'intervention militaire de la coalition.
Les manifestations contre Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis plus de 40 ans, ont débuté en Libye à la mi-février 2011 avant de dégénérer en contestation armée.
Le 17 mars 2011, le « Conseil de sécurité de l'ONU » a adopté une résolution prévoyant la mise en place d'une « zone d'exclusion aérienne » au-dessus du pays et autorisant le recours à la force pour protéger la population libyenne des troupes du colonel Kadhafi. L'opération internationale contre le régime libyen a débuté le 19 mars 2011. Le 31 mars 2011 l'« OTAN » a pris le commandement des opérations.
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Mis à jour (Vendredi, 15 Avril 2011 19:12)





















